Moïse Kouame, les mots clés

31 mai 2026

Adopté par le public de Roland-Garros, apprécié par les anciens champions, Moïse Kouame a fait forte impression à 17 ans en se hissant au 3e tour de son tout premier tournoi du Grand Chelem. Mais le "gamin" a aussi impressionné par sa maturité en dehors du court, face aux médias notamment. Ce florilège de questions-réponses en dit long sur l'ambition et la lucidité du "teenager". Il sait ce qu'il veut !

Moïse, qu'as-tu appris dans ce tournoi de Roland-Garros ?

Je suis content de la semaine passée ici. J'attends encore plus des moments comme celui-ci à l'avenir. Ce que j'ai appris me concernant, c'est que physiquement, je peux tenir le coup pendant longtemps, c'est-à-dire que je peux jouer plusieurs matchs. Ce fut une semaine bien remplie côté expérience, et j'en suis très content.

As-tu des regrets concernant cette défaite au 3e tour ?

En tant que compétiteur, j'ai toujours envie de gagner. Malheureusement, ça ne peut pas arriver tout le temps, et je le sais. Je suis déjà focus sur la récupération pour pouvoir arriver le mieux possible à Lyon, le prochain tournoi que je vais jouer (un Challenger). Voilà, aujourd'hui, j'ai perdu. Je suis content parce que j'ai bien joué. J'ai proposé de belles choses tout au long de cette semaine. Donc ce n'est pas une défaite qui me pose problème.

Redoutes-tu d'aller sur des plus petits tournois, les Challengers, ou considères-tu que ça fait partie du chemin ?

Non, je ne redoute pas du tout. On m'avait posé la même question quand je suis passé de Monte-Carlo à un 25 000. On m'avait dit : est-ce que la transition n'est pas un peu dure ? J’avais dit que non, et j'ai gagné le tournoi. Passer de Roland-Garros à Lyon ne va pas être une transition qui va être dure parce que je joue chaque match comme si c'était le dernier. Peu importe l'endroit. Je reste concentré sur moi. Que ce soit devant 10 000 personnes ou 5 personnes, c'est pareil pour moi. Quand c'est devant 10 000 personnes, t’as 10 000 personnes qui t'encouragent et te poussent. Quand t’as cinq personnes, c'est un peu différent. Les cinq personnes, ce sont les cinq personnes de l'équipe, donc les cinq personnes les plus importantes. Au final, tant qu’elles sont avec moi, il n'y aura pas de souci.

 C'était ton premier Grand Chelem, tu as 17 ans. J'imagine que les trois matchs t'ont prouvé à quel point tu étais prêt pour ce monde‑là, de jouer les Top 100 tous les jours. Mais est‑ce que tu te dis : il y a encore quelque chose à travailler sur tel plan, physique, mental ?

Bien sûr ! Même s'il y a beaucoup de bien, il y a forcément des choses à travailler. Tant que je serai joueur de tennis, il y aura toujours quelque chose à améliorer. Le service m'a fait peut‑être un peu défaut dans ce 3e match aussi à un moment. Mon coup droit, aussi, forcément, j'ai fait deux ou trois fautes, peut‑être qu'il ne fallait pas, à des moments un peu chauds. Mon revers, voilà…

Il y a beaucoup de choses à travailler, même si beaucoup de choses ont été bien réalisées de ma part cette semaine. Je veux toujours continuer à les améliorer, pour qu'elles soient le plus performantes possible.

Au‑delà du tennis, il y a la notoriété. Tu es rentré dans les foyers français au deuxième tour, en tout cas c'est sûr. En as-tu conscience ?

Déjà, un facteur très voyant, c'est que quand je joue sur le "Suzanne", il est plein ! (Rires.) C'est sûr qu'en rentrant, et en voyant le "Suzanne" plein, je me suis dit : waouh ! C'est quand même quelque chose de spécial. Deuxième facteur : Instagram ! Oui, c'est sûr qu'en termes d'abonnés et de visibilité, c'est clair que j'ai vraiment, à travers ce Roland, monté de gamme, on va dire.

Après, le plus important, c'est ce que je fais sur le terrain. Tous ces fans, tous ces supporters, au final, ils veulent me voir me battre sur le terrain, ils veulent me voir gagner des points, ils veulent me voir avec le sourire. J'espère que c'est ce que je vais continuer à proposer tout au long de ma carrière. Je pense que c'est là le plus important.