Diane Parry en deuxième semaine, et plus ? L'avis d'Alizé Cornet et de Pauline Parmentier
A Roland-Garros, E.B. et G.B.
31 mai 2026
La capitaine de l'équipe de France de Billie Jean King Cup, Alizé Cornet, et Pauline Parmentier, responsable de la filière féminine à la FFT, donnent leur avis sur le huitième de finale qui attend Diane Parry face à la qualifiée polonaise Maja Chwalinska, 114e mondiale.
Alizé Cornet : Une grande clarté mentale"
Diane m'a impressionné au 3e tour contre Amanda Anisimova, par sa concentration, son calme, son énergie, son plan de jeu aussi. Son jeu s'est vraiment mis en place dans ce match. Son attitude a été impeccable. Ce n'est jamais évident de jouer un gros match à Roland-Garros, sur le court Philippe-Chatrier... J'ai trouvé qu'elle faisait preuve d'une grande clarté mentale. C'est fort de pouvoir être stable de cette façon. Je crois que ça lui tenait à cœur et elle y est parvenu.
Continuer à bien servir et à se livre à fond physiquement
En tant que capitaine de Billie Jean King Cup, et dans mes missions en général, je ne peux qu'être contente de voir une Française briller à Roland-Garros, comme l'avait fait Loïs (Boisson) l'an passé. Pour Diane, ce huitième de finale n'est pas une finalité. Mais attention, Maja Chwalinska est une gauchère, qui possède un jeu très varié. Elle va gêner Diane en allant la chercher côté revers avec ses balles hautes en coup droit. Ce match va être complètement différent de celui contre Anisimova. Le style de jeu de l'adversaire sera complètement différent. Mais si Diane continue à bien servir et de pouvoir se livrer à 100% physiquement, c'est jouable. Évidemment !
© Cédric Lecocq / FFT
Même si Diane Parry n'était pas dans la première sélection d'Alizé Cornet en tant que capitaine de l'équipe de France, les deux jeunes femmes se connaissent bien. Elles ont d'ailleurs joué Roland-Garros ensemble en 2023.
Pauline Parmentier :"Il va falloir créer le jeu"
Un tennis qui s'est progressivement mis en place
En début de saison, Diane n'était pas dans les meilleures conditions physiques, avec des pépins à droite à gauche. Elle avait du mal à enchaîner. Et puis je suis allée la voir au Trophée Clarins et j'ai trouvé que son niveau avait nettement augmenté.
Elle est montée en puissance, mettant de plus en plus d'impact physique. En fonction des adversaires, elle a mis en place son jeu et ses armes tactiques. Tout se met en place : son slice de revers, sa première balle, son kick en 2e, ses décalages coups droits... Il y a beaucoup de choses positives.
Tous les matchs gagnés les dernières semaines lui ont donné de la confiance. Face à Anisimova, je pense qu'elle était très concentrée sur son plan de jeu et qu'elle a "oublié" qu'elle jouait une top 10. Une top 10, qui en plus, n'arrivait pas avec énormément de confiance. Et Diane a parfaitement saisi sa chance.
Créer le jeu en 8e
Chwalinska, c'est un match piège, oui. C'est une joueuse qui sort des qualifs, une gauchère qui ne donne pas de rythme, très maligne tactiquement. Il faut d'abord bien récupérer de son match. Anisimova est une joueuse très puissante, donc ça a dû la fatiguer.
Ensuite, Diane va devoir créer le jeu, assumer un statut de patronne sur le court. Il faut prendre ce match très au sérieux. Si Chwalinska est là, c'est qu'elle le mérite. Mais je ne suis pas inquiète. Diane est très bien entourée et restera très vigilante.
Le public comme facteur X ?
Diane n'est pas une joueuse qui donne beaucoup au niveau émotions. Ça fait partie de sa personnalité. Elle garde les choses pour elle. Je ne pense pas qu'elle doit se perdre en changeant sa personnalité. Ce côté introverti lui donne aussi de la sérénité dans les sommets importants. Mais effectivement, le public du "court Central", il faut aller le chercher. Alors si elle peut faire lever les foules pour emballer un match, c'est bien aussi.
© Philippe Montigny / FFT
Pauline Parmentier a entraîné Diane Parry en Billie Jean King Cup.
Son adversaire
Issue des qualifications, Maja Chwalinska (24 ans, POL, 114e WTA) ne fait pas dans la dentelle depuis son arrivée à Paris. Déjà six matchs et un seul set concédé, au 3e tour face à Maria Sakkari. Classée 114e, la gauchère dispute seulement à Paris son 3e tournoi du Grand Chelem. Adepte de la terre battue sur laquelle elle a remporté trois WTA 125, elle est très proche d’une certaine Iga Swiatek, avec laquelle elle s’était hissée en finale du double juniors à Melbourne en 2017.
Avec un jeu atypique qu’elle adore varier, elle vient de piéger Zheng, quart de finaliste l’an dernier et médaillée olympique en 2024, Mertens, ex 12e mondiale, et Sakkari, demi-finaliste parisienne en 2021
© Jean-Baptiste Autissier / FFT







